Vaccins : utiliser tel qu’indiqué 🎙️
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Cet article rédigé par Dr Reynold Bergen, directeur scientifique du BCRC, a été publié à l’origine dans le numéro de mars 2025 du magazine Canadian Cattlemen et est reproduit sur BeefResearch.ca avec la permission de l’éditeur.

Les veaux naissent avec un système immunitaire parfaitement naïf. Contrairement à d’autres espèces, les vaches ne transmettent aucune protection immunitaire à leur progéniture pendant la grossesse. C’est pourquoi il est essentiel que les veaux consomment au moins deux litres de colostrum de haute qualité peu après la naissance, afin de les protéger pendant que leur propre système immunitaire se développe.
Le système immunitaire en développement du veau peut apprendre à reconnaître les agents pathogènes et à y réagir de deux manières. Il peut apprendre de manière éprouvante – en étant exposé à une maladie infectieuse, en survivant et en réagissant plus fortement la fois suivante. Mais il est préférable d’apprendre dans un environnement sûr. C’est ce que font les vaccins.
Les vaccins apprennent au système immunitaire à reconnaître l’aspect de certains agents pathogènes afin qu’il puisse réagir plus rapidement et plus efficacement si ces agents pathogènes sont rencontrés dans la réalité. Comme pour tout autre exercice d’enseignement, la répétition de la leçon permet de l’assimiler et d’en renforcer la mémoire. Les vaccins sont identiques, c’est pourquoi le fait de revacciner ou de renforcer la vaccination renforce la mémoire immunitaire.
Une étude récente (Vaccine use in Canadian cow-calf herds and opportunities for improvement; 10.3389/fvets.2023.1235942) a révélé que les taux de vaccination sont en hausse. Plus de 85 % des producteurs du Réseau canadien de surveillance vache-veau vaccinent systématiquement les veaux allaitants contre la DVB, et plus de 90 % contre la RIB, le virus RSB et le PI-3. C’est une bonne nouvelle. Mais moins de la moitié des producteurs ont procédé à une vaccination de rappel contre l’un ou l’autre de ces virus.
Nilusha Malmuthuge (Agriculture et Agroalimentaire Canada Lethbridge) et Gleise Medieros da Silva (Université de l’Alberta) ont récemment achevé un projet de validation de principe visant à déterminer comment les pratiques de manipulation des vaccins – y compris l’administration d’un rappel – affectaient leur efficacité chez les veaux.
Ce qu’ils ont fait
Cent cinquante veaux ont été vaccinés contre le PI-3, le virus RSB, l’IBR et les types 1 et 2 de la BVD à l’aide d’un vaccin viral vivant modifié à cinq voies (par exemple, Express FP5) lors du traitement de printemps. Au sevrage, les veaux ont été répartis en cinq groupes expérimentaux. Le groupe témoin n’a pas été vacciné. Les quatre autres groupes ont reçu le même vaccin, mais celui-ci a été manipulé différemment. L’un des traitements consistait à conserver le vaccin mélangé dans une glacière et à l’administrer dans l’heure qui suivait. Un deuxième traitement a conservé le vaccin mélangé dans une glacière mais l’a administré six heures plus tard. Le troisième traitement a laissé le vaccin mixte à température ambiante et l’a administré dans l’heure qui suivait. Le quatrième traitement a laissé le vaccin mixte à température ambiante pendant six heures avant de l’administrer.
Des échantillons de sang ont été prélevés avant les vaccinations de rappel. Un deuxième échantillon a été prélevé un mois plus tard. Les niveaux d’anticorps sériques et les tests de neutralisation du virus ont été utilisés pour évaluer si la revaccination et la manipulation des vaccins affectaient la force des réponses immunitaires. Les chercheurs n’ont pas suivi ces veaux pour savoir s’ils tombaient malades ou non. Cela aurait nécessité des milliers de veaux et coûté des centaines de milliers de dollars.
Ce qu’ils ont appris
Il est important de suivre les instructions figurant sur l’étiquette lorsque l’on utilise des vaccins !
Les rappels sont importants. La protection apportée par le vaccin initial ne dure pas éternellement. Un mois après les vaccinations de rappel, les quatre groupes de veaux vaccinés présentaient une réponse immunitaire plus forte que les veaux non vaccinés. En fait, les veaux qui n’avaient pas reçu le vaccin de rappel présentaient une réponse immunitaire plus faible qu’un mois plus tôt. Ils auraient été moins bien protégés contre ces virus que les veaux vaccinés.
La manipulation des vaccins est importante. Certains antigènes vaccinaux ont été moins affectés que d’autres par la température d’entreposage et la durée du mélange, mais les méthodes de manipulation des vaccins ont clairement affecté la capacité des animaux à produire une réponse immunitaire forte contre la BVD. Six à sept fois plus d’animaux n’ont pas réussi à générer une réponse immunitaire contre les types 1 et 2 de la BVD lorsque les vaccins mélangés ont été conservés à température ambiante pendant six heures avant d’être administrés que lorsque le vaccin mélangé a été réfrigéré et utilisé dans l’heure qui suivait.
Les vaccins préparent les veaux aux germes qu’ils rencontreront de toute façon. Les virus contenus dans ce vaccin sont courants chez les bovins de boucherie canadiens. Les veaux auraient donc probablement été exposés et auraient développé une réponse immunitaire de toute façon, s’ils avaient survécu. Mais c’est là le problème. Les vaccins permettent au système immunitaire de « s’exercer » dans un environnement sûr, sans qu’il soit nécessaire d’exposer les veaux à l’agent pathogène réel et de risquer la mort, la maladie et une baisse des performances de croissance.
En bref
Les vaccins n’éliminent pas les maladies. Mais, lorsqu’ils sont utilisés correctement, ils réduisent le nombre de veaux qui tombent malades et contribuent à faire en sorte que ceux qui tombent malades le soient moins.
Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Si vous ne vaccinez pas encore, commencez à le faire. Discutez avec votre vétérinaire des maladies contre lesquelles vacciner, des vaccins à utiliser, des animaux auxquels les administrer, du moment où les administrer, de la manière de les entreposer, de les mélanger et de les administrer correctement, ainsi que de la manière de calibrer, de nettoyer et d’entretenir les seringues. Presque tous les vaccins doivent être administrés deux fois pour offrir une protection maximale.
Suivez les instructions de l’étiquette ! Si l’étiquette sur l’emballage est trop petite pour être lue, une version plus grande peut être imprimée à partir du Compendium des produits vétérinaires. Vous trouverez ce document sous les onglets « Ressources pour les producteurs » et « Liens utiles » sur le site verifiedbeef.ca. Des ressources exhaustives sur la vaccination sont également disponibles en cherchant « vaccination du troupeau bovin » sur le site BeefResearch.ca.
Le Beef Cattle Research Council est une organisation à but non lucratif financée par le prélèvement national sur les bovins de boucherie. Le BCRC s’associe à Agriculture et Agroalimentaire Canada, aux groupes provinciaux de l’industrie du bœuf et aux gouvernements pour faire progresser la recherche et le transfert de technologie à l’appui de la vision de l’Industrie canadienne du bœuf, qui est d’être reconnue comme un fournisseur privilégié de bœuf, de bovins et de génétique sains et de haute qualité. Pour en savoir plus sur le BCRC, consultez le site www.beefresearch.ca.
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